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Lames et calepinage

Longueur des lames de terrasse : moins de chutes et de joints

Lames de 2,40, 3,60, 3,90 ou 4,20 m ? Choisir la longueur selon la terrasse, placer les aboutages sur les lambourdes et trouver la combinaison la plus économe.

Mis à jour le · 10 min de lecture · Par Free Deck Board Calculator · Notre méthode de recherche

La meilleure longueur de lame est la plus courte longueur du commerce qui couvre toute la longueur de la terrasse d’un seul tenant, avec un peu de marge pour équerrer les extrémités et prévoir le débord. Quand aucune longueur ne suffit seule, choisissez une combinaison dont les aboutages tombent sur des lambourdes et peuvent être décalés d’une rangée à l’autre, ou divisez la terrasse avec une lame de séparation. Les exemples ci-dessous, calculés avec notre calculateur, montrent comment comparer les options sur de vraies terrasses.

Connaître les longueurs réellement disponibles

Avant de planifier quoi que ce soit, renseignez-vous sur les longueurs que votre fournisseur a en stock pour la lame choisie.

  • Pin autoclave classe 4. En grande surface de bricolage, la lame de 27 × 145 mm se trouve surtout en 2,40, 3,60, 3,90 et 4,20 m chez Brico Dépôt, et Castorama vend aussi des lames de 2,40 m. Les négoces proposent parfois d’autres longueurs.
  • Mélèze et douglas. Les scieries vendent souvent ces résineux en longueurs rondes, par exemple 2,50, 3, 4 ou 5 m pour du mélèze de 27 × 145 mm chez la Scierie Sillat.
  • Bois exotique. Le cumaru et l’ipé se vendent en longueurs plus courtes et variées : 1,25 à 2,45 m chez Idéa Bois, jusqu’à 2,70 m chez Brico Dépôt. Les aboutages sont donc presque inévitables.
  • Composite. La plupart des gammes sont vendues en une seule longueur, souvent 4 m, comme les lames Silvadec de 138 × 23 mm. Certaines gammes de grandes surfaces font 2,20, 2,40 ou 2,60 m.

Un magasin peut ne proposer qu’une ou deux longueurs d’une même lame, et les commandes spéciales allongent les délais. Réglez ce point en premier, car il conditionne toutes les décisions de calepinage qui suivent.

L’idéal : une lame par rangée

La longueur à couvrir, c’est la dimension de la terrasse dans le sens des lames. Si elle est inférieure à une longueur du commerce, chaque rangée est faite d’une seule lame, sans aboutage. C’est le meilleur résultat : aucun joint à répartir, aucune lambourde doublée, et un rendu net d’un bout à l’autre.

Exemple : terrasse de 4,10 × 4 m, lames posées sur 4,10 m. Avec des lames de pin de 145 mm et un jeu de 5 mm, il faut 27 rangées (voir le guide de l’espacement des lames pour le calcul). Avec des lames de 4,20 m, le calculateur arrive à 27 lames, sans aucun aboutage et avec 2,4 % de chutes seulement. Les 10 cm restants servent à équerrer les deux bouts et à régler le débord.

Ce débord compte. Le DTU 51.4 demande que le bout de lame dépasse de la dernière lambourde d’au moins 20 mm et au plus trois fois l’épaisseur de la lame, soit 81 mm pour une lame de 27 mm. Norsilk demande aussi d’équerrer les lames à chaque extrémité. Une lame de 4,20 m sans marge peut donc se retrouver trop courte une fois les deux bouts recoupés et le débord ajouté.

Donc :

  • Si l’ossature fait 4,10 m, des lames de 4,20 m conviennent : il reste de quoi équerrer et déborder de quelques centimètres de chaque côté.
  • Si l’ossature fait 4,20 m pile, la lame de 4,20 m ne suffit plus avec le débord. Prévoyez des aboutages ou une lame de séparation, ou raccourcissez légèrement l’ossature.

C’est la principale raison de fixer la longueur des lames avant de monter l’ossature. Retirer 10 cm à une ossature ne coûte rien au stade du plan. Découvrir à la dernière rangée que chaque lame est trop courte de 2 cm coûte cher.

Quand la terrasse est plus longue que votre plus longue lame

Vous avez alors trois options.

Option 1 : aboutages sur lambourdes doublées ou élargies

Les extrémités de deux lames se rencontrent au-dessus d’une lambourde. Le DTU et les fabricants s’accordent : chaque extrémité de lame doit être supportée et fixée.

Chaque emplacement de joint demande donc une lambourde doublée ou élargie : planifiez les aboutages avant de construire l’ossature.

Option 2 : aboutages décalés

Silvadec déconseille très fortement les joints d’aboutage alignés en continu. Une ligne de joints unique en travers de la terrasse ressemble à une erreur et concentre les mouvements sur une seule ligne d’ossature. Le décalage répartit les joints, mais il faut alors des lambourdes doublées à plusieurs endroits au lieu d’un seul.

Une méthode courante consiste à alterner deux schémas, rangée par rangée :

  • Rangée A : lame longue, puis lame courte
  • Rangée B : lame courte, puis lame longue

Les joints se retrouvent ainsi sur deux lignes de lambourdes, et le motif se répète une rangée sur deux. Certains préfèrent un motif sur trois rangées, car une alternance A-B-A-B peut encore se voir de loin. Dans tous les cas, veillez à ce que les joints de deux rangées voisines soient séparés d’au moins un entraxe complet.

Option 3 : une lame de séparation

Une lame de séparation traverse la terrasse perpendiculairement au platelage, et chaque rangée vient buter contre elle. Elle remplace les joints éparpillés par une seule ligne voulue. C’est souvent la solution la plus propre au-delà de 4 m en composite. Elle a ses propres exigences d’ossature, détaillées dans le guide de la lame de séparation.

Le piège de l’entraxe de 50 cm

Avec des lames de pin de 27 mm, l’entraxe courant des lambourdes est de 50 cm, d’après Castorama. Les lambourdes se trouvent alors à 0, 0,50, 1,00, 1,50 m, etc. Un aboutage ne peut tomber que sur l’une de ces lignes.

Or aucune des longueurs courantes du pin ne tombe juste :

  • 2,40 m = 4,8 entraxes : le bout tombe entre deux lambourdes, il faut recouper à 2,00 m.
  • 3,60 m = 7,2 entraxes : recoupe à 3,50 m.
  • 3,90 m = 7,8 entraxes : recoupe à 3,50 m, soit 40 cm de chute.
  • 4,20 m = 8,4 entraxes : recoupe à 4,00 m.

Autrement dit, une lame qui doit abouter perd presque toujours une partie de sa longueur. C’est ce qui explique les écarts de chutes de l’exemple suivant. Le calculateur tient compte de cette contrainte : il ne place un aboutage que sur une lambourde.

Exemple chiffré : une terrasse de 5 × 4 m

Prenons une terrasse de 5 × 4 m, la taille de départ de nos calculateurs, avec des lames de pin autoclave de 27 × 145 mm posées sur 5 m, un jeu de 5 mm, 27 rangées et des lambourdes à 50 cm d’entraxe. Chaque rangée comporte forcément un aboutage. Résultats du calculateur, avant marge :

PlanLamesMètres linéaires achetésChutes de coupeAboutages
Uniquement des 4,20 m34142,85,5 %27
Uniquement des 3,60 m41147,68,5 %27
Uniquement des 3,90 m41159,915,6 %27
Uniquement des 2,40 m68163,217,3 %54

Pour poser 135 m linéaires de lames, l’écart entre le meilleur et le pire plan atteint plus de 20 m linéaires. Les lames de 4,20 m gagnent : recoupées à 4,00 m ou à 1,00 m, elles se combinent sur deux rangées et les chutes se réutilisent. Les lames de 3,90 m, à peine plus courtes, font presque trois fois plus de chutes, car elles tombent mal sur l’entraxe de 50 cm. Les lames de 2,40 m doublent le nombre d’aboutages, donc de lambourdes doublées et de vis en bout de lame.

Avec 10 % de marge, la commande devient 38 lames de 4,20 m.

En pratique, prévoyez quand même de la marge sur le papier : une lame tordue, un bout fendu ou une recoupe ratée font vite disparaître le bénéfice d’un plan trop serré.

Exemple chiffré : une longueur peu pratique de 3 m

Une longueur de 3 m avec 27 rangées :

  • Lames de 3,60 m. Une lame par rangée, aucun aboutage. Chaque rangée perd environ 60 cm, soit 27 lames et 16,7 % de chutes.
  • Lames de 4,20 m recoupées. Le calculateur arrive à 21 lames seulement, avec 8,2 % de chutes, mais au prix de 27 aboutages et des lambourdes doublées correspondantes.

La plupart des poseurs achèteraient ici les lames de 3,60 m : six lames de plus valent mieux que 27 joints. Et les chutes ne sont pas entièrement perdues : des morceaux de 60 cm servent pour des marches, des contremarches ou une petite marche devant une porte-fenêtre. C’est tout l’intérêt d’un plan de coupe : il montre où les chutes peuvent être réutilisées au lieu d’être jetées.

L’effet de la longueur sur le coût

Le prix au mètre linéaire n’est pas toujours le même selon la longueur. Certains magasins vendent les lames les plus longues un peu plus cher au mètre, d’autres pratiquent le même prix au m² quelle que soit la longueur : relevez les prix des longueurs que vous comparez réellement. Les lames longues coûtent aussi plus cher à livrer, et une lame de 4,20 m ne rentre pas dans toutes les voitures.

Pour comparer les options, multipliez les mètres linéaires achetés pour chaque plan par le prix au mètre de cette longueur. Ajoutez ensuite le coût de l’ossature supplémentaire qu’exigent les aboutages. Un plan avec moins de chutes peut coûter plus cher s’il ajoute une ligne de lambourdes doublées. Le calculateur de prix des lames accepte un prix différent pour chaque longueur et choisit la combinaison la moins chère.

Petite liste de contrôle avant de commander

  1. Vérifiez les longueurs que votre fournisseur a en stock pour la lame choisie.
  2. Mesurez la longueur réelle, débord compris aux deux extrémités.
  3. Si une longueur du commerce la couvre avec quelques centimètres de marge, prenez-la.
  4. Sinon, choisissez entre aboutages décalés et lame de séparation, et dessinez l’emplacement des joints sur le plan d’ossature, en multiples de l’entraxe.
  5. Vérifiez que chaque joint tombe sur une lambourde doublée ou assez large.
  6. Ajoutez une marge pour les chutes et les défauts : 10 % est une valeur courante pour une pose droite. Les motifs en biais, en chevrons ou avec onglets en demandent davantage.

Le calculateur de lames de terrasse intègre un optimiseur de longueurs qui teste les longueurs que vous cochez selon votre longueur et l’entraxe de vos lambourdes. Il produit aussi un plan de coupe qui détaille les morceaux de chaque rangée et la destination des chutes. Si vous en êtes encore à l’ossature, le calculateur d’ossature de terrasse vous aide à placer les lambourdes supplémentaires qu’exigent les aboutages.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux prendre des lames de terrasse plus longues ?

Des lames plus longues, c’est moins d’aboutages, ce qui est généralement plus beau et économise de l’ossature. Mais elles n’ont d’intérêt que si elles s’adaptent à la longueur sans trop de chutes. Une lame de 4,20 m sur une longueur de 3 m perd 1,20 m par rangée. Adaptez d’abord la longueur à la terrasse, puis réduisez le nombre de joints.

Les aboutages doivent-ils tomber sur une lambourde ?

Oui. Le DTU 51.4 et les notices de pose que nous avons consultées exigent que les extrémités des lames reposent et soient fixées sur une lambourde, assez large pour recevoir deux bouts ou doublée. Une extrémité de lame qui flotte entre deux lambourdes va fléchir, se fendre ou casser.

De combien décaler les aboutages ?

Les fabricants disent surtout de ne pas aligner les joints en continu. En pratique, séparez les joints de deux rangées voisines d’au moins un entraxe et évitez un motif répétitif trop visible. Si les joints sont inévitables sur une grande surface, une lame de séparation est souvent plus esthétique.

Peut-on réutiliser les chutes de lames de terrasse ?

Oui. Les chutes courtes servent souvent pour des marches, des contremarches, des rangées courtes dans les angles ou des habillages, si le matériau s’y prête. Établir le plan de coupe avant d’acheter est le moyen le plus simple de s’assurer que les chutes seront utilisées.