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Ossature et structure

Bois traité autoclave pour terrasse : classes et fixations

Bois autoclave pour terrasse : classes d’emploi 3 et 4, certification CTB-B+, pourquoi le DTU 51.4 vise la classe 4, séchage, coupes et vis inox.

Mis à jour le · 9 min de lecture · Par Free Deck Board Calculator · Notre méthode de recherche

Le bois traité autoclave d’une terrasse doit correspondre à son exposition, exprimée en classe d’emploi. En France, le NF DTU 51.4 considère que la quasi-totalité des terrasses exposées aux intempéries relève de la classe d’emploi 4, la même que le bois en contact avec le sol : lames, lambourdes, poteaux et muralière. Achetez donc du bois traité pour la classe 4, de préférence certifié CTB-B+, traitez chaque coupe et fixez les lames avec des vis inox.

Ce guide explique ce que recouvrent les classes d’emploi, pourquoi une terrasse est presque toujours en classe 4, comment reconnaître un bois correctement traité, et les règles de fixation qui accompagnent le bois autoclave.

Ce que signifie « traité autoclave »

Le bois traité autoclave est un résineux, le plus souvent du pin, imprégné de produit de préservation sous pression dans un cylindre étanche, l’autoclave. Le procédé fait pénétrer le produit en profondeur dans l’aubier pour résister aux champignons de pourriture et aux insectes, termites compris. La teinte verte ou brune des lames vendues en magasin vient du produit de préservation : les lames de « pin vert » de Brico Dépôt ou de Castorama sont des lames de pin traité.

Pour un usage en classe d’emploi 4, seul l’autoclave convient : le site de la certification CTB-B+ le résume par « autoclave uniquement ». Un trempage ou un badigeon ne protègent que la surface.

Vous n’avez pas à choisir un produit chimique. Ce qui compte, c’est la classe d’emploi pour laquelle le bois a été traité, et la certification qui le garantit.

Les classes d’emploi

Les classes d’emploi sont définies par la norme NF EN 335 et précisées en France par la NF B 50-105-3. D’après le document « Bien comprendre les classes d’emploi des bois » de CTB-B+, édité par l’institut technologique FCBA :

ClasseSituationExemples sur une terrasse
1 et 2Intérieur ou sous abriAucun élément de terrasse extérieure
3.1Extérieur sans contact avec le sol, séchage rapidePièces verticales bien drainées, sous protection
3.2Extérieur sans contact avec le sol, humidification prolongéeGarde-corps et bardages exposés
4Contact avec le sol ou l’eau douce, ou conception qui piège l’eauLames, lambourdes, poteaux, plots en bois, muralière

Le même document précise que, du fait de conceptions qui piègent l’eau, une majorité des platelages et caillebotis entrent en classe 4. Il rappelle aussi qu’un « bois traité classe 4 » est un abus de langage : la formulation correcte est un bois « traité pour une aptitude à l’usage en classe d’emploi 4 ». Le traitement seul ne suffit pas ; il faut une essence assez imprégnable, un produit efficace et un procédé maîtrisé.

Pourquoi une terrasse est presque toujours en classe 4

Le NF DTU 51.4 tranche la question dès son introduction, citée par le guide d’application de Terrasse Nature : la conception des platelages courants est « piégeante » en termes de rétention d’eau, avec une face supérieure horizontale et des bouts de lames aboutés sur un même appui, ce qui implique le plus couramment une affectation en classe d’emploi 4 pour les ouvrages exposés aux intempéries.

Le DTU, qui parle de classes 3a et 3b, n’admet la classe 3 que pour des terrasses moins piégeantes : par exemple une terrasse de conception drainante en climat méditerranéen sec, ou une terrasse sous un abri à toit débordant. Le guide de Terrasse Nature estime qu’environ 95 % des terrasses posées sont dans les conditions les plus difficiles : pleine exposition, lames plates vissées et aboutées sur des lambourdes, terrasse proche du sol ou mal ventilée. Il déconseille les bois de classe 2, 3 ou 3b pour une terrasse extérieure de qualité.

La classe 4 s’impose en particulier quand le bois :

  • touche le sol, ou repose sur un support qui reste humide (remontées capillaires, flaques, dalle sans pente) ;
  • est posé sur une structure confinée, près du sol, sans circulation d’air ;
  • porte des joints où l’eau stagne, comme les aboutages de lames sur une seule lambourde ;
  • est difficile à remplacer une fois la terrasse posée, ce qui est le cas des lambourdes et de la muralière.

Norsilk recommande d’ailleurs au minimum des lambourdes en pin du Nord autoclave classe 4, et des lambourdes d’une essence aussi dense et aussi durable que les lames. Ne posez pas de lames durables sur une ossature qui ne l’est pas : c’est souvent l’ossature qui limite la durée de vie de la terrasse.

Reconnaître un bois correctement traité

CTB-B+ est une marque collective de certification de FCBA. Elle atteste que le bois traité correspond à la classe d’emploi annoncée, en contrôlant chez le traiteur l’essence et son humidité, le produit (lui-même certifié CTB-P+), les cycles d’imprégnation, la pénétration et la rétention. L’entreprise certifiée délivre une attestation de traitement, qui précise aussi la protection contre les termites.

Pour la classe 4, CTB-B+ propose une rétention renforcée, dite « Sp », visant une durée de service de plus de 15 ans en exposition sévère. Le guide de Terrasse Nature indique que les bois traités selon CTB-B+ sont en général garantis 10 ans.

En magasin, demandez :

  • la classe d’emploi pour laquelle le bois a été traité (classe 4 pour une terrasse) ;
  • la certification (logo CTB-B+ sur l’étiquette ou le colis, attestation de traitement) ;
  • l’essence (pin sylvestre, pin maritime, pin du Nord…) ;
  • la section réelle et la longueur, par exemple 27 × 145 mm en 2,40, 3,60, 3,90 ou 4,20 m pour les lames courantes de Brico Dépôt.

Le guide de Terrasse Nature met en garde contre certains traitements autoclaves de mauvaise qualité, qui peuvent se dégrader plus vite qu’un bois certifié. Un bois sans indication de classe ni de certification n’est pas une économie.

Les coupes sur chantier

Le traitement imprègne l’aubier, pas forcément le cœur de la pièce, surtout dans les grandes sections. Chaque coupe, entaille et perçage expose du bois moins protégé. Norsilk demande de traiter toute coupe de lame ou de lambourde avec un produit fongicide insecticide. C’est particulièrement important au pied des poteaux, en bout de lambourdes et aux aboutages de lames. Appliquez-le généreusement au pinceau et laissez-le pénétrer.

Qualité, humidité et choix des pièces

Pour les pièces de structure, le DTU 51.4 raisonne en classes de résistance mécanique (C18, C24… pour les résineux, selon la norme NF EN 338) : ses tableaux d’entraxe supposent une classe donnée. Pour les lambourdes, il fixe aussi des sections minimales : au moins 45 mm de large, 57 mm sous les joints de lames, et au moins 40 mm de haut. Une lambourde de 45 × 70 mm en pin autoclave classe 4 est un choix courant pour une terrasse basse. Le guide de l’entraxe des lambourdes détaille ces règles.

Quand vous triez une pile :

  • Visez le long de chaque pièce. Écartez les lambourdes très cintrées sur chant, ou posez-les toutes avec le bombé vers le haut.
  • Évitez les gros nœuds non adhérents près des rives des lambourdes et au milieu des lames.
  • Vérifiez l’humidité. Le pin autoclave est souvent vendu humide et rétrécit en séchant, surtout en largeur. Norsilk demande de stocker les lames quelques jours sur le site et, si elles sont très humides, de les dépiler et de les faire sécher deux à trois semaines dans un endroit ventilé et couvert, sans bâche. Le guide de Terrasse Nature va plus loin : au-delà de 20 % d’humidité, ne posez pas les lames ; si vous les posez quand même, vissez-les sur double structure, sans clips latéraux, avec un jeu de seulement 2 à 3 mm. Voir le guide de l’espacement des lames de terrasse.

Fixations et quincaillerie

Les produits de préservation actuels sont corrosifs pour l’acier ordinaire, et l’humidité d’une terrasse accélère le phénomène. Pour les lames, le DTU 51.4 est explicite, d’après le guide de Terrasse Nature :

  • Vis de lames : inox A2 au minimum, inox A4 en situation agressive, à moins de 500 m du bord de mer. Empreinte carrée, six pans ou Torx.
  • Longueur : au moins 2,5 fois l’épaisseur de la lame pour une vis à congé de filetage sous tête, soit environ 68 mm pour une lame de 27 mm. Norsilk prescrit pour ses lames autoclaves des vis inox A2 de 4,5 × 60 mm, avec pré-perçage et fraisage.
  • Pré-perçage : obligatoire en bout de lame ; il évite les fentes, fréquentes sur le pin autoclave qui sèche.

Pour l’ossature, choisissez des sabots, équerres, tiges filetées et boulons galvanisés à chaud ou en inox, et ne mélangez pas les deux métaux sur un même assemblage. En bord de mer, préférez l’inox A4 partout.

Pensez enfin à la bande bitumineuse. Norsilk et le guide de Terrasse Nature recommandent d’en poser sur le dessus des lambourdes : elle isole la lame de la lambourde, limite les pièges à eau sous les lames et protège la lambourde. Le calculateur de vis de terrasse estime la quantité de vis pour les lames.

Commander le bois traité

Une commande raisonnable pour une terrasse basse type :

  1. Poteaux, plots en bois et pièces au contact du sol : classe 4, sections dimensionnées pour l’ouvrage. Mieux vaut éviter tout contact direct du bois avec la terre : un pied de poteau métallique sur plot béton garde le bois au sec.
  2. Poutres, lambourdes et muralière : classe 4, conformément au DTU 51.4 et aux notices des fabricants de lames. Le calculateur d’ossature de terrasse compte lambourdes, rives et poutres.
  3. Lames et marches : classe 4, par exemple des lames de 27 × 145 mm, vendues environ 16,95 à 23,12 €/m² chez Brico Dépôt et Castorama (relevé 2026, prix indicatifs).
  4. Garde-corps : pièces verticales mieux drainées, mais prenez de la classe 4 pour les poteaux fixés à l’ossature.
  5. Consommables : vis inox, quincaillerie galvanisée à chaud ou inox, bande bitumineuse, produit de traitement des coupes.

Le calculateur de bois transforme une liste de coupe en nombre de pièces par longueur. Ajoutez quelques pièces de réserve pour les rebuts et les erreurs de coupe. Ce site fournit des informations générales, pas une étude de structure : pour une terrasse surélevée, faites dimensionner la structure par un professionnel.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser du bois de classe 3 pour les lambourdes ?

Le DTU 51.4 ne l’admet que pour des terrasses moins piégeantes, par exemple de conception drainante en climat méditerranéen sec, ou sous abri. Dans la grande majorité des cas, lambourdes à quelques centimètres du sol, aboutages de lames, structure peu ventilée, la classe 4 s’impose. Norsilk recommande au minimum des lambourdes en pin autoclave classe 4. Le surcoût est faible comparé à la reprise de l’ossature d’une terrasse.

Faut-il traiter les coupes du bois autoclave ?

Oui. Le produit de préservation n’atteint pas forcément le cœur de la pièce : coupes et perçages exposent un bois moins protégé. Norsilk demande de traiter toute coupe de lame ou de lambourde avec un produit fongicide insecticide. Soignez surtout le pied des poteaux, les bouts de lambourdes et les aboutages de lames.

Les vis inox sont-elles obligatoires pour une terrasse en pin autoclave ?

Pour les lames, oui selon le NF DTU 51.4 : inox A2 au minimum, et inox A4 à moins de 500 m du bord de mer. Norsilk prescrit aussi des vis inox A2 pour ses lames autoclaves. Pour la quincaillerie de structure, l’inox ou l’acier galvanisé à chaud conviennent, à condition de ne pas mélanger les deux métaux.

Pourquoi mon pin autoclave neuf est-il si humide et lourd ?

Le bois traité est souvent livré peu après l’imprégnation, alors qu’il contient encore l’eau du procédé. Il rétrécit en séchant au cours des semaines suivantes. Laissez-le se stabiliser sur le chantier, à l’abri et ventilé, comme le demande Norsilk, et attendez avant de le traiter : Norsilk conseille de passer le saturateur sur la face des lames autoclaves 6 mois après la pose. Le guide pour traiter une terrasse au saturateur explique comment savoir si le bois est prêt.