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Ossature et structure

Terrasse fixée au mur ou autoportante : comparatif, ossature

Terrasse sur muralière ou autoportante : fixation au mur selon la maçonnerie, cas où la terrasse doit être indépendante, plots en plus et exemple chiffré.

Mis à jour le · 9 min de lecture · Par Free Deck Board Calculator · Notre méthode de recherche

Une terrasse fixée au mur s’appuie d’un côté sur une muralière, une pièce de bois fixée directement à la façade, qui porte les solives ou les lambourdes. Cela économise une rangée de poteaux et de plots, mais suppose un mur capable de porter la charge et une liaison bien protégée de l’eau. Une terrasse autoportante repose sur ses propres appuis de tous les côtés : elle demande plus de plots, mais rien ne traverse la façade. Les deux solutions sont courantes en France ; dans certaines situations, seule la terrasse autoportante est raisonnable.

Ce guide explique ce qu’implique chaque solution, comment fixer une muralière selon le type de mur, et comment le nombre de pièces d’ossature et de plots évolue pour une même terrasse. Il n’existe pas en France de table réglementaire de fixation des muralières, comparable à celles du code américain : les chevilles et leur espacement se choisissent selon le mur, la charge et la notice du fabricant de fixations. Pour une terrasse surélevée, faites valider la liaison par un charpentier ou un bureau d’études.

Comment chaque conception reprend les charges

Sur une terrasse fixée au mur, les solives vont d’une poutre sur poteaux, côté jardin, jusqu’à la muralière fixée à la façade. La maison porte environ la moitié du poids de la terrasse et des personnes. La liaison doit empêcher la terrasse de glisser le long du mur et de s’en écarter.

Sur une terrasse autoportante, une seconde poutre ou une rangée d’appuis supplémentaire remplace la muralière, à faible distance de la façade. Toute la charge descend au sol par les plots de la terrasse. La terrasse est contre la maison, mais elle n’y est pas fixée.

Pour une terrasse basse, la question se pose un peu différemment. Le guide d’application du DTU 51.4 de Terrasse Nature note que, sur une terrasse en contact avec la maison, on pose souvent les lambourdes sur une muralière fixée au mur, ce qui supprime une rangée d’appuis le long de la façade. Mais beaucoup de terrasses basses sont simplement posées sur plots ou sur dalle, sans aucune fixation au mur.

Fixer une muralière : ce qui compte

Le type de mur décide de la fixation

Le guide des terrasses des éditions BILP distingue deux cas pour une fixation de muralière sur maçonnerie :

  • Maçonnerie pleine (béton, chaînage, linteau) : chevilles mécaniques, comme les goujons d’ancrage.
  • Maçonnerie creuse (parpaing, brique alvéolaire) : scellement chimique, une résine injectée dans le trou, dans laquelle on noie une tige filetée.

Le diamètre, la profondeur d’ancrage et l’espacement des fixations dépendent de la charge et du support : suivez la notice du fabricant de chevilles, qui donne les charges admissibles pour chaque matériau. Les chevilles plastiques pour charges légères n’ont rien à faire dans une muralière.

Protéger la liaison de l’eau

Le même guide conseille d’interposer un film bitumineux entre le mur et la poutre, pour éviter que l’humidité du mur ne passe dans le bois, et de prolonger la protection au-dessus de la muralière. L’eau qui ruisselle sur la façade ne doit pas stagner derrière la muralière ni sur son dessus. Les fabricants de lames demandent en outre un jeu entre le platelage et le mur : 10 mm entre la première lame et le bâti pour Norsilk, au moins 15 mm entre une lame ou une lambourde et un mur pour Silvadec, pour l’évacuation de l’eau et la dilatation.

Bois et quincaillerie

La muralière est une pièce de structure difficile à remplacer, contre un mur qui sèche lentement : prenez du bois traité pour la classe d’emploi 4, et traitez chaque coupe et chaque perçage avec un produit fongicide insecticide, comme Norsilk le demande pour tout bois autoclave. Les traitements autoclaves actuels attaquent l’acier ordinaire : choisissez des tiges, écrous, sabots et équerres galvanisés à chaud ou en inox, et ne mélangez pas les deux sur un même assemblage.

Ne pas charger la muralière d’une poutre

Une muralière porte des solives réparties sur sa longueur. Une poutre qui viendrait s’appuyer sur elle concentrerait une charge sur une ou deux fixations : posez plutôt cette poutre sur son propre poteau.

Quand la terrasse doit être autoportante

En pratique, la solution autoportante s’impose généralement quand :

  • Le mur est isolé par l’extérieur : la muralière ne peut pas être fixée à travers l’isolant sans système de fixation prévu pour cela, sous peine d’écraser l’isolant et de créer un pont thermique et une infiltration.
  • Le mur est creux, ancien ou de nature inconnue, ou présente un enduit fissuré, et vous ne pouvez pas vérifier ce qui se trouve derrière.
  • La façade est en bardage bois ou en ossature légère dont vous ne connaissez pas la structure.
  • La terrasse est posée sur une étanchéité (toit-terrasse, dalle sur local) : le guide d’application du DTU 51.4 note que les relevés d’étanchéité et les solins empêchent souvent toute muralière, et conseille une double structure posée sur plots.
  • La terrasse est éloignée de la maison, autour d’une piscine ou au fond du jardin.

La solution autoportante est aussi un choix raisonnable quand la fixation serait possible mais compliquée : façade percée de nombreuses ouvertures, grilles de ventilation d’un vide sanitaire à ne pas obstruer, ou propriétaire qui ne veut pas de trous dans sa façade.

Exemple chiffré : la même terrasse de 5 × 4 m des deux façons

Prenons une terrasse surélevée de 5 × 4 m, avec des solives à 50 cm d’entraxe partant de la maison sur 4 m, une poutre côté jardin placée à 30 cm du bord (les solives débordent en porte-à-faux) et des poteaux espacés de 1,50 m au plus le long de chaque poutre. Le calculateur d’ossature de terrasse donne 11 solives le long des 5 m dans les deux cas. Ce qui change, c’est ce qui soutient l’extrémité côté maison.

Version fixée au mur

  • Muralière : une pièce de 5 m fixée à la façade, avec 11 sabots pour accrocher les solives d’environ 3,96 m.
  • Fixations : chevilles mécaniques ou scellements chimiques selon le mur, en nombre et en diamètre définis par la notice des chevilles ou le calcul.
  • Poutre extérieure : une poutre sur 5 poteaux, à 3,70 m de la façade.
  • Plots : 5.
  • En plus : film bitumineux, protection du dessus de la muralière, éventuelle reprise de l’enduit ou du bardage.

Version autoportante

  • Pas de muralière. Une seconde poutre, à 30 cm de la façade, la remplace.
  • Solives : 11, d’environ 3,92 m entre les deux rives.
  • Plots : 10, cinq sous chaque poutre. Chaque poteau côté maison reprend la part de charge que portait la muralière.
  • En plus : les plots près de la maison doivent atteindre le sol ferme. Le terrain le long des fondations est souvent du remblai : ces trous peuvent devoir être plus profonds que les autres. Une terrasse autoportante haute demande aussi des contreventements en diagonale pour ne pas osciller.

Avec des poteaux espacés de 2 m au lieu de 1,50 m, le calculateur passe à 4 plots dans la version fixée au mur et à 8 dans la version autoportante. L’arbitrage se résume donc à quatre ou cinq plots, autant de poteaux et une poutre supplémentaires, contre une muralière, ses fixations et le travail sur la façade. Chiffrez les deux avec le calculateur d’ossature de terrasse et le calculateur de plots de terrasse. Le calculateur de coût de terrasse donne la vue d’ensemble.

Avantages et inconvénients côte à côte

Fixée au mur (muralière)Autoportante
PlotsMoins nombreuxPlus nombreux (une ligne d’appuis en plus)
OssatureUne poutre et une muralièreDeux poutres
FaçadePercée ; protection contre l’eau indispensableIntacte
Mur isolé par l’extérieur, creux inconnu, bardage, étanchéitéÀ éviter sans étudeOui
Risque d’humidité côté maisonPrésent si la protection défaillePratiquement nul
Stabilité latéraleLa maison aideAssurée par poteaux, poutres et contreventements
Mouvement par rapport à la maisonBouge avec la maisonPeut bouger indépendamment ; laisser un jeu contre le mur

Les détails de muralière qui posent problème

La plupart des défaillances de liaison viennent de quelques erreurs prévisibles.

  • Pas de protection contre l’eau. L’eau qui ruisselle derrière la muralière fait pourrir le bois au contact du mur, là où personne ne le voit.
  • Des fixations inadaptées au mur. Une cheville mécanique dans une brique creuse, ou une cheville plastique pour charges légères, peut arracher.
  • Une muralière posée sur l’isolant ou l’enduit seul. La fixation doit reprendre la charge dans la maçonnerie porteuse.
  • Une muralière qui porte une poutre. La charge concentrée dépasse ce que quelques chevilles peuvent reprendre.
  • De l’acier ordinaire au contact du bois traité. Il rouille vite : prenez de la galvanisation à chaud ou de l’inox.

Les détails de terrasse autoportante qui posent problème

  • Plots dans le remblai près des fondations, qui peuvent tasser.
  • Contreventement insuffisant sur une terrasse haute, qui paraît instable même quand les charges verticales sont bien reprises. Au-delà d’environ 1 m de hauteur, le DTU 51.4 ne couvre plus le platelage seul : faites concevoir la structure par un professionnel.
  • Aucun jeu contre la maison. Une terrasse collée à la façade piège débris et humidité ; gardez les 10 à 15 mm demandés par les fabricants de lames.
  • Croire qu’aucune démarche n’est nécessaire. L’autorisation d’urbanisme ne dépend pas de la fixation au mur mais de la hauteur et de l’emprise au sol : une terrasse surélevée demande une déclaration préalable jusqu’à 20 ou 40 m² selon la zone, puis un permis (service-public.gouv.fr). Pour la profondeur des plots, voir plots de terrasse et profondeur hors gel.

Comment choisir

Si votre maison a un mur en maçonnerie porteuse saine et accessible, enduit ou nu, une terrasse fixée par muralière est généralement plus simple et moins chère, à condition de choisir les bonnes chevilles et de bien protéger la liaison de l’eau. Si le mur est isolé par l’extérieur, creux et inconnu, en bardage, ou si la terrasse repose sur une étanchéité, la solution autoportante est la plus sûre, et parfois la seule possible. Dans les deux cas, l’implantation des solives et des lambourdes est la même. L’entraxe des lambourdes traite du dimensionnement, et comment planifier une terrasse détaille les démarches et les plans.

Questions fréquentes

Une terrasse autoportante est-elle plus sûre qu’une terrasse fixée au mur ?

Aucune des deux n’est intrinsèquement plus sûre si elle est bien conçue et bien construite. Une muralière correctement ancrée dans une maçonnerie porteuse et protégée de l’eau est une liaison éprouvée. Une terrasse autoportante supprime le risque d’une mauvaise fixation au mur, mais elle dépend de plots plus nombreux et d’un contreventement suffisant. La plupart des problèmes viennent d’une mauvaise exécution, pas du choix de conception.

Peut-on fixer une muralière sur un mur en brique ?

Oui, avec la bonne fixation. Sur une brique pleine, des chevilles mécaniques peuvent convenir ; sur une brique creuse ou alvéolaire, le guide BILP préconise un scellement chimique avec tiges filetées. Vérifiez dans la notice des chevilles la charge admise pour votre brique. Si le mur est un simple parement, ou si vous ne savez pas ce qu’il y a derrière, construisez autoportant.

Une terrasse autoportante a-t-elle besoin de plots hors gel ?

Si elle repose sur des plots béton coulés dans le sol, oui : leur fond doit se trouver sous la profondeur hors gel locale, de 0,50 à 0,90 m selon la carte du NF DTU 13.1. Une terrasse basse posée sur une dalle ou sur un sol stabilisé peut reposer sur des plots polymères réglables, comme le décrivent Norsilk et Silvadec. Une terrasse surélevée sur poteaux demande de vraies fondations.

À quelle distance de la maison placer une terrasse autoportante ?

Aucune règle nationale ne fixe cette distance. Les fabricants de lames demandent un jeu de 10 à 15 mm entre le platelage et le mur, pour l’évacuation de l’eau et la dilatation. Veillez à ce que ce jeu ne crée pas de risque de trébuchement au seuil d’une porte-fenêtre, et gardez les plots côté maison hors du remblai meuble.